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DIMANCHE 18 DECEMBRE

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16h - 99 rue Robert, Lyon 6


EDITORIAL

"Voyage au centre de la Parole"

Extrait du Bulletin d'information

des Eglises Evangéliques de Pentecôte de Lyon




Editorial

Voyage au centre de la Parole

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Ecriture et Tradition

"Car nous n'avons pas connu notre salut par d'autres que par ceux qui nous ont apporté l'%C3%89vangile.

Cet %C3%89vangile, ils l'ont d'abord prêché. Puis par la volonté de Dieu, ils nous l'ont transmis dans les %C3%89critures pour qu'il devienne %E2%80%98la base et la colonne' de notre foi."

Irénée - Evêque de Lyon (140-202)

Adv. Haer. III.I

Cette citation d'Irénée montre que pour l'%C3%89glise, il n'y a pas d'%C3%89vangile non écrit.

La vérité évangélique se transmet par les %C3%89critures.

Voici quelques témoignages des premiers Pères de l'%C3%89glise :

Tertullien, ancien de l'Eglise de Carthage (160-240) parlait du "trésor des Livres Saints" et affirmait :

"Nous n'avons pas besoin de recherche après l'%C3%89vangile. Quand nous croyons, nous ne voulons rien croire au-delà (des %C3%89critures)." (Des Prescriptions VIII)

Athanase, évêque d'Alexandrie (298-373) écrivait : "Les Saintes %C3%89critures, inspirées de Dieu, suffisent à elles SEULES pour faire connaître la Vérité." (Contra Gentes I)

Jérôme, traducteur de la Bible (341-420) ajoutait quant à lui : "Ce n'est point l'erreur des parents ni des ancêtres qu'il faut suivre, mais bien l'autorité des %C3%89critures et la volonté du Maître qui est Dieu." (Commentaire sur Jérémie 9/12)

Or, cette erreur des ancêtres a un nom, elle se nomme la Tradition.

La tradition est le fait d'idées particulières et non recevables au regard de l'enseignement de Jésus-Christ.

Combien d'églises vivent de leurs traditions ? (Ou peut-être serait-il plus exact de dire qu'elles en meurent...)

Nous n'avons pas non plus, nous chrétiens évangéliques, hérité du droit d'inscrire nos points de vue subjectifs aux frontons de nos églises.

L'%C3%89glise n'est pas un magasin de luxe où l'on peut s'offrir toutes sortes de spécialités dans l'air du temps. C'est pour avoir pratiqué cette "folie" que les hommes assistent aujourd'hui à l'émiettement de l'%C3%89glise, de sa doctrine, de ses moeurs...

L'%C3%89glise et la Bible sont dans la pensée de Dieu intimement liés. La tradition ne peut pas faire partie de cette corde à trois fils unissant Dieu, la Parole de Dieu et le Peuple de Dieu. Avec le temps et par le moyen de ses traditions et disputes théologiques, l'%C3%89glise a essayé d'échapper au témoignage et au jugement de l'%C3%89criture seule. Ce livre qui continue de nous dire ce qu'il affirmait déjà du temps d'Irénée a été le tourment de l'%C3%89glise, et les efforts qu'elle a fournis au fil des siècles pour discuter, amoindrir ou contourner les affirmations bibliques sont un signe de son incapacité à accepter les exigences de l'Esprit de Vérité.

Placer l'%C3%89glise au-dessus de la Bible, c'est le catholicisme.

Placer la Raison au-dessus de la Bible, c'est la philosophie.

Retenir la Bible comme autorité souveraine, c'est être chrétien.

N'esquivons pas le témoignage de l'%C3%89criture ; même s'il est difficile de s'entendre dire la vérité sur notre péché, acceptons-le, car c'est le chemin pour en être délivrés.

La Bible n'est pas notre Dieu, mais elle est de Dieu. Elle n'est pas notre maître, notre maître c'est le Seigneur Jésus-Christ.

Ce que nous cherchons dans la Bible, ce n'est pas l'enseignement de la Bible mais l'enseignement du Maître. Refuser d'entendre ce qu'elle a à nous dire, c'est refuser d'entendre le Maître nous parler.

Nous nous trompons lourdement quand nous pensons qu'en discutant et en nous opposant à la Parole de Dieu, nous ne faisons que manier des idées et des arguments susceptibles d'éclairer le débat... Non, en réalité nous touchons à la Vie !

"Cette parole n'est pas sans importance pour vous, c'est votre vie" (Deutéronome 32/47)

Jésus ne nous a jamais demandé d'aimer l'erreur ni d'aimer dans l'erreur.

Nous devons "professer la vérité dans la charité", or pour la professer, il faut déjà la posséder !

"Je vous rappelle, frères, l'%C3%89vangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez dans les termes où je vous l'ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain." (1 Corinthiens 15/1-2)

La Bible est bien un livre du passé, mais elle n'est pas dépassée.

Son existence est étroitement liée à notre condition spirituelle. C'est parce que le besoin d'une révélation et d'une espérance existe dans tous les coeurs que la Bible est à notre portée. La principale raison d'être de l'%C3%89criture Sainte est là.

Notre monde éprouve, aujourd'hui plus que jamais, un grand besoin de vérité sérieuse et satisfaisante. La vérité sur Dieu, sur le sens de la vie et sur sa destinée éternelle, tout cela ne peut jamais manquer d'importance pour un mortel. Car malgré nos différences, nos confessions religieuses et tous nos antagonismes, il reste l'échéance qui nous attend tous. On peut fabriquer des échelles de pensées pour parvenir à la vérité mais même l'échelle la plus haute sera toujours trop courte. Le seul guide accrédité, c'est l'%C3%89criture !

Mémoire et Héritage

"Voici déjà, bien-aimés la seconde lettre que je vous écris. Dans l'une et dans l'autre, je cherche à éveiller par des avertissements votre saine intelligence, afin que vous vous souveniez des choses annoncées d'avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur enseigné par vos apôtres (...)" (2 Pierre 3 1/2)

Nous notons ici le rôle que l'Ecriture remplit à l'égard des "choses annoncées". Ce rôle consiste à fixer et limiter la mémoire du peuple de Dieu. Ces "choses annoncées" englobent les paroles des prophètes, c'est-à-dire l'Ancien Testament, et le commandement du Seigneur enseigné par les apôtres, c'est-à-dire le Nouveau Testament.

Dans le verset 16 de ce même texte, l'apôtre Pierre appelle cet enseignement : "les autres %C3%89critures". Il est clair que cette expression désigne la révélation du Nouveau Testament telle qu'elle nous est donnée à la période apostolique, et non toute la littérature accumulée par les docteurs de l'%C3%89glise au cours des siècles et dont la teneur a souvent contredit cette révélation.

Avec le temps, l'%C3%89glise qui est devenue une autorité a initié une ère de scepticisme envers la Bible, et l'%C3%89criture destinée à être la seule autorité pour le peuple de Dieu est devenue une source... de références noyée par les eaux polluantes de la tradition humaine.

Or, Dieu a le souci de la mémoire de son peuple.

Dans Exode 17/14, Il recommande à Moïse "d'écrire cela dans le livre afin que le souvenir s'en conserve".

Il y a des choses, des faits, des paroles dont le souvenir doit rester vivant. Ils ne doivent pas s'effacer de la mémoire du peuple. La mémoire de l'homme est fragile mais aussi capricieuse. Quelqu'un a dit quelque-part : "La mémoire est un creuset d'où ce qui sort ne ressemble pas toujours à ce qui y a été mis."

Non seulement elle oublie, mais elle transforme, elle déforme et alors les souvenirs deviennent légende. Or la vraie foi ne se nourrit pas de légendes. Les légendes sont un des fondements des traditions superstitieuses.

Et puis les lèvres de l'homme peuvent mentir...

L'%C3%89criture est nécessaire pour fixer la Parole prophétique et conserver le souvenir du message apostolique. C'est ce que l'apôtre Paul nommera "le dépôt".

La garde du dépôt exige la fidélité. Le fidèle n'est pas seulement celui qui met sa confiance en Dieu. C'est aussi celui à qui Dieu se confie ou confie quelque chose "(...) du reste ce qu'on demande des dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle."

La fidélité exige de réagir contre toute altération ou toute addition. Elle se nourrit de l'avertissement de Jésus : "Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre." (Apoc. 22.18/19)

Le dépôt (depositum) est donc celui de la révélation apostolique. L'origine juridique de ce terme en a inquiété plus d'un...

Pourtant le choix de ce mot est tout ce qu'il y a de plus pertinent, car un dépôt n'est ni un don, ni un prêt, il consiste dans le fait qu'une chose m'est confiée - confiée à ma vigilance afin d'être rendue intacte à son propriétaire et à ses ayant-droits.

Le dépôt implique la responsabilité de garder une chose et la fidélité pour la retourner à son propriétaire après l'avoir préservée.

Qualifier l'%C3%89criture de dépôt, c'est reconnaître qu'elle est la propriété de Dieu. C'est la Parole de Dieu !

Ceux à qui Elle est confiée n'en deviennent jamais les propriétaires !

Dépositaires ne signifiera jamais propriétaires, c'est là que l'%C3%89glise a échoué et que son statut a dévié...

Extraits d'une prédication du pasteur Michel CHINER


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